Comment valoriser une startup ?

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Quel entrepreneur ne s’est jamais posé la question : « combien vaut réellement ma boite » ?

C’est une question légitime car, pour l’entrepreneur, c’est une façon de mesurer ses efforts.

C’est d’autant plus vrai pour une startup car, régulièrement, son activité commerciale ne suffit pas encore à évaluer efficacement son potentiel.

Mais c’est surtout une question incontournable lorsque l’on souhaite développer son entreprise… ou lorsque l’on veut la revendre !

Alors en tant que créateur et dirigeant de startup, vous devez absolument comprendre comment fonctionne une valorisation d’entreprise car c’est un exercice auquel vous allez être régulièrement soumis !

Avant tout une affaire de chiffres

Alors si vous deviez céder votre entreprise immédiatement, à combien l’évalueriez-vous ?

En général on se base sur deux grands critères :

  • d’un côté on peut déterminer la valeur comptable du patrimoine de l’entreprise (actif moins passif)
  • et de l’autre on peut, sur la base de l’historique commercial, extrapoler le résultat d’exploitation à venir sur les prochaines années (souvent les 5 années suivantes)

J’aime comprendre les choses de la façon suivante : l’acheteur paiera immédiatement une somme équivalente à plusieurs années de bénéfices et vous « indemnisera » pour la valeur comptable de l’entreprise.

Vu sous cet angle, on remarque que la valeur de votre entreprise est déterminée à partir d’éléments objectifs mais, aussi, sur la base de la confiance que l’on place dans son activité future.

Mais, en pratique, la valorisation s’opère surtout de manière chiffrée et en suivant des méthodes précises.

Différentes analyses vont amener à des valeurs différentes selon les critères retenus (valeur patrimoniale, valeur de rendement, valeur actuelle, etc.) et la valeur finale sera déterminée au terme d’une négociation entre l’entreprise et les investisseurs.

Vu comme ça cela voudrait dire qu’une startup, qui n’a pas définition aucun historique commercial, n’aurait pas d’autre valeur que son propre actif.

Il n’en est rien.

Le cas particulier de la startup

En fait, que ce soit pour une startup ou pour n’importe quelle entreprise, on applique la même logique en extrapolant sur les bénéfices réalisés dans le futur.

Sauf que pour les startups on ne peut pas extrapoler à partir d’un historique.

D’ailleurs beaucoup de startups n’ont même pas encore de produit fini à proposer ! Alors quant à déjà avoir des clients…

L’adage dit qu’une entreprise vaut autant qu’elle pourra rapporter dans le futur.

Cette règle vaut aussi pour les startups mais, pour estimer sa future rentabilité, il faudra se résoudre à extrapoler sur la base de critères purement subjectifs :

  • Les critères humains : personnalité et charisme des dirigeants, qualité de l’équipe, personnalité et engagement des autres investisseurs, …
  • Les critères technico-commerciaux : connaissance et maitrise du marché, attractivité du produit, chiffre d’affaire existant, technologie innovante et maitrisée, brevets déposés, …
  • Les critères d’efficacité : avancement du projet, moyens déjà mis en œuvre, cohérence du projet, réputation de l’entreprise, …

La règle c’est qu’il n’y a pas de règle.

En réalité, et malgré toutes sortes de méthodes de valorisation plus ou moins efficaces, la valorisation d’une startup est une prise de décision irrationnelle.

Mais irrationnel ne veut pas dire irréfléchi…

La valorisation en pratique

En général, startup ou pas, la valorisation d’une entreprise suit plus ou moins les étapes suivantes :

  • Collecte d’information
  • Diagnostic économique de l’entreprise
  • Choix de la méthode d’évaluation
  • Elaboration d’un business plan
  • Hypothèses et paramètres de l’évaluation
  • Fourchette de valorisation
  • Négociation pour fixer un prix de cession

En réalité, et contrairement à ce que j’ai peut-être laissé croire, la méthode reste la même pour une startup. Simplement on « remplit les blancs » en prenant les hypothèses les plus objectives possibles…

En fait, pour l’investisseur, l’objectif est de déterminer le taux de rendement interne (TRI) de son placement.

Le TRI d’un investissement est le taux d’actualisation pour lequel la valeur actuelle nette (VAN) de l’investissement est nulle.

Ou, dit de façon moins technique, c’est un indicateur qui permet à l’investisseur de grosso-modo « prévoir » ce que son placement lui rapportera.

Et surtout le TRI permet de comparer les rémunérations offertes par des projets différents. Un peu comme le taux effectif global (TEG) permet de comparer entre-deux le cout de différents crédits.

Et c’est quoi un bon TRI ? La réponse est difficile à donner…

Par exemple la plateforme de crowdequity Wiseed annonce viser un TRI minimal de 15 % pour les investisseurs. Mais, parmi les premières sorties réussies par la plateforme, on retrouve par exemple la startup Antabio et son TRI de… 43 % !

Je parie que cela commence à vous donner des idées…

Alors je la valorise à combien ma startup ?

J’imagine quand même qu’après ce qu’on vient de voir, vous n’espérez pas une réponse toute faite à cette question !

Si ?

Bon alors déjà on va régler une petite question de vocabulaire :

  • valorisation pre-money : évaluation de l’entreprise avant la levée de fond
  • valorisation post-money : évaluation de l’entreprise après la levée de fond

Et donc : valorisation post-money = valorisation pre-money + montant investi.

Vous avez enregistré ? Et bien sachez que, selon la valorisation recherche, vous ne vous adresserez pas au même type d’investisseur.

Par exemple vous ferez appel aux business-angels si vos objectifs tournent autour d’une valorisation post-money entre 500k et 1 millions d’euros (150k à 300k pour 20 à 30 % de l’entreprise).

Et si vous vous regardez vers les fonds d’amorçages, ce sera plutôt pour une valorisation post-money de 4 à 10 millions d’euros.

Du coté des plateformes de crowdequity, les entreprises peuvent y lever entre 100k et 1 millions d’euros en échange, en général, de 5 à 20 % de l’entreprise.

Le tout pour une collecte moyenne, en 2015 et en France, de 448 460 euros. Soit quasiment 100 000 euros de plus que l’année précédente…

Bref : il y en a pour toutes les ambitions mais, attention, chaque startup est différente et il n’y a pas de formule magique qui marche à tous les coups !

Si vous avez besoin d’aide, je vous conseille d’utiliser l’excellent outil en ligne https://valorisation.io/

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