Indiegogo : ange ou démon ?

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Fondée en 2008, la plateforme de crowdfunding Indiegogo a déjà permis de financer plus de 650 000 projets.

Pourtant la plateforme, qui est généralement décrite comme « le numéro 2 du crowdfunding mondial » est régulièrement montrée du doigt pour son absence de sélection des projets.

Alors, entre solution miracle pour les startups ou poubelle regorgeant d’arnaques, que doit-on penser d’Indiegogo aujourd’hui ?

La seule alternative crédible au géant Kickstarter

Lorsque l’on observe les géants du commerce et du service en ligne, on constate généralement que, derrière un leader incontesté, il ne reste que des miettes à se partager pour les éventuels outsiders.

Or, dans l’univers du crowdfunding, ce n’est pas le cas.

En effet, si Kickstarter est traditionnellement présenté comme la première plateforme de crowdfunding au monde, Indiegogo jouit d’une notoriété quasi-similaire.

Surtout, au fil des mois et des années, l’écart entre les deux plateformes se réduit inexorablement.

Car, contrairement à son concurrent historique, Indiegogo accepte les projets venant de 222 pays (contre… 18 pour Kickstarter) !

Surtout Indiegogo accepte tout type de projet y compris les projets caritatifs et les causes personnelles.

Pourtant Indiegogo est surtout connu pour les campagnes menées par des startups. Par exemple :

  • Flow Hive, une ruche intelligente qui a collecté plus de 13 millions de dollars en en avril 2015
  • Le vélo électrique SONDORS qui levé plus de 6 millions de dollars lui-aussi en avril 2015
  • Micro-Drone 3.0, autoproclamé « plus petit drone au monde » qui a récolté plus de 3,5 millions de dollars en aout 2015

Et on pourrait encore citer des dizaines et des dizaines d’exemples de startups…

Encore mieux : il est devenu courant, une fois sa campagne réussie sur Kickstarter, de continuer de prévendre directement sur Indiegogo !

La veste BauBax ou le bagage intelligent G-RO sont des exemples très connus de projet ayant fait ce choix.

Mais certaines campagnes, pourtant réussies, ont contribué à ternir la réputation d’Indiegogo…

Une plateforme sous le feu des critiques

Indiegogo une plateforme de crowdfunding controversée

Indiegogo est, de loin, la plateforme de crowdfunding la plus controversée au monde… et elle déchaine les passions !

Car il faut dire que, de la volonté même des créateurs, il n’y a aucune sélection des projets sur Indiegogo et il est possible d’y financer absolument tout… et n’importe quoi !

Et il faut dire que les projets boiteux et/ou qui fleurent bon l’arnaque ne manquent pas. Conclusion : les critiques sévères envers Indiegogo deviennent légions depuis des mois.

Critiques méritées ? Chacun se fera son opinion mais, il faut l’avouer, les internautes sont parfois prêts à financer n’importe quoi et la plateforme en joue.

Pour ne prendre qu’un seul exemple emblématique, jetons un coup d’œil à la campagne pour le rasoir laser Skarp.

Le porteur de projet promettait un rasoir révolutionnaire permettant de se raser sans toucher la peau et, donc, sans risque d’irritation ou de coupure.

Génial comme concept non ?

C’est ce qu’on dû se dire les centaines d’internautes qui ont contribués à hauteur de 4 millions de dollars à la campagne menée sur Kickstarter pour soutenir ce projet.

Sauf que la campagne sentait l’arnaque à plein nez et que de très nombreuses voix se sont élevés pour dénoncer le projet.

Kickstarter a donc décidé de stopper la campagne et de rembourser tous les contributeurs.

Que cela ne tienne : le porteur de projet a décidé de relancer une campagne de crowdfunding mais, cette fois-ci, sur Indiegogo.

Et non seulement la plateforme a autorisé la campagne mais, contre toutes attentes, quasiment 2800 internautes y ont contribué pour un total dépassant le demi-million de dollars !

C’est là l’origine de la sulfureuse réputation d’Indiegogo : il est possible d’y mener des campagnes pour des projets douteux voire même pour de très probables arnaques…

Cela explique non seulement la méfiance compréhensible des internautes pour la plateforme mais aussi le taux de réussite famélique qu’elle affiche : moins d’une campagne sur dix réussi à atteindre son objectif de collecte !

Un modèle innovant en constante évolution

Mais tout n’est pas mauvais sur Indiegogo et, malgré une absence totale de filtrage des projets, la plateforme fait de réels efforts pour innover et faire évoluer le crowdfunding.

Par exemple, contrairement à Kickstarter, il est possible de conserver les fonds obtenus même si l’objectif de collecte n’est pas atteint.

Une condition toutefois : avoir prévenu les internautes de cette possibilité dès le lancement de la campagne.

Pour identifier ces campagnes c’est très simple : l’objectif de collecte est annoncé comme « flexible ».

Il est également possible de continuer à prévendre ses produits à l’issue de la campagne : c’est le programme InDemand.

Très souvent les porteurs de projet collectent plus après la campagne que pendant…

Toujours soucieux de diversifier son offre, Indiegogo marche même sur les platebandes de GoFundMe en proposant de collecter des fonds pour des projets caritatifs ou pour des causes personnelles au travers de son programme Generosity.

Encore plus fort : Indiegogo s’est lancé depuis peu dans l’equity-crowdfunding.

Et ça marche plutôt pas mal vu qu’au bout de quatre semaines, la plateforme avait déjà permis de lever plus d’un demi-million de dollars en crowdequity !

Encourageant non ?

Indiegogo en bref

Pays : Etats-Unis
Création : 2008
Variante du crowdfunding : dons avec et sans contreparties ; crowdequity
Type de projet : généraliste
Commissions : 5 % des fonds levés
Tout ou rien : possible selon le choix du porteur de projet
Montants levés depuis la création : plus d’un milliard de dollars
Site web : https://www.indiegogo.com/

Sur Indiegogo, vous pourrez :

  • financer l’industrialisation de votre startup ou rendre vos projets humanitaires possibles
  • faire du crowdequity
  • continuer à collecter des fonds même après votre campagne
  • viser des objectifs de collecte à 6 voire 7 chiffres

Sur Indiegogo, vous ne pourrez pas :

  • faire du crowdlending (du moins pas pour l’instant…)
  • proposer de l’alcool comme contrepartie (même du vin ou de la bière)
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